Dans un Stade Maracana en fusion, le Brésil (jusqu’ici maudit aux J.O.) a finalement remporté son premier titre de champion olympique en disposant de vaillants allemands sur un tir au but décisif de sa star Neymar.
Deux ans après la terrible défaite infligée à la Seleçao par la Manschaft en demi-finale du Mondial 2014, les brésiliens ont signé un magnifique coup-double durant le week-end. Emmenés par un Neymar de gala, les locaux ont pris leur revanche tout en décrochant par là même la 1ère médaille d’or olympique de l’Histoire du football auriverde. Un triomphe à domicile au parfum de Coupe du Monde…
La longue malédiction de la Seleção aux J.O.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, malgré leur statut d’uniques quintuples vainqueurs du Mondial, les rois du football brésiliens n’étaient encore jamais parvenus à se hisser sur le toit de l’Olympe auparavant. Un constat presque incroyable mais pourtant vrai. Pire, avant Los Angeles 1984, on ne trouve même pas la moindre trace des footballeurs aux 5 étoiles sur le podium olympique !
Médaillés d’argent en 1984 et 1988 suite à leurs revers successifs face à la France (emmenée par José Touré et Daniel Xuereb) et l’Union Soviétique, bronzés en 1996 ainsi qu’en 2008, puis de nouveau défaits par d’étonnants mexicains en 2012 à Londres, les footeux brasileiros semblaient ainsi inlassablement, voire même irrémédiablement, maudits sous les anneaux.
L’ombre inquiétante de la Manschaft…
Et bien que disputé à la maison, l’entame poussive du tournoi carioca a elle aussi laissé présager d’une nouvelle issue défavorable pour les joueurs locaux. D’abord crispés par l’enjeu (comme en 2014) en début de compétition (deux 0-0 face aux modestes formations sud-africaine et irakienne), les magiciens ont ensuite progressivement su relever leur niveau de jeu via trois nets succès : 4-0 contre le Danemark, 2-0 contre la Colombie, puis un tonitruant 6-0 contre le Honduras.
Invaincus sans avoir encaissé le moindre but avant la finale, les voyants étaient dès lors au vert. Mais les vieux spectres du psychodrame collectif du Mondial 2014 ont alors dû refaire brusquement surface dans les têtes de la bande à Neymar, Marquinhos et compagnie au moment de pénétrer sur la pelouse du Maracana face à… l’Allemagne ! De fait, le déroulement et la physionomie du match ont longtemps fait planer l’ombre d’une nouvelle (immense) désillusion du côté des Auriverdes.
Neymar ou la revanche de tout un peuple
Dans un Maracana bouillonnant et plein à craquer, c’est tous les espoirs du peuple do Brazil qui reposaient à nouveau sur les épaules de Neymar. Lui, l’un des symboles du cauchemar de 2014, lui qui (blessé) avait assisté impuissant à la déroute des siens (défaite 7 à 1 en demi-finale) face au rouleau-compresseur germanique… Un épisode douloureux dont le traumatisme est encore très vif au sein de la population, de surcroît dans un pays qui ne respire et ne vibre quasi-exclusivement qu’à travers le prisme du ballon rond.
Et le moins que l’on puisse dire est que le scénario a été à la hauteur de l’évènement. Soufflant le chaud, puis le froid, le Brésil tout entier est passé par toutes les émotions durant les 120 minutes du match : la joie d’abord, via la somptueuse ouverture du score sur un maître coup-franc signé Neymar à la 27e, puis le doute avec l’égalisation allemande et enfin la délivrance, de nouveau grâce à Neymar, au bout d’une irrespirable séance de tirs aux buts !
Une grande première aussi historique qu’euphorique
A Rio comme un peu partout dans le pays, la victoire de la Seleçao (qui lave en partie l’affront subi il y a deux ans) a été accueillie comme une véritable bouffée d’oxygène par des Brésiliens unanimement euphoriques. Avec la plus grande ferveur, des cris de joie et autres scènes de liesse en tout genre ont directement suivi le pénalty décisif de Neymar. Les klaxons ont ensuite retenti jusqu’au petit matin, donnant ainsi à cette médaille d’or des airs de Coupe du Monde !
En outre, avec déjà 5 titres mondiaux et 8 en Copa America à son compteur, ce 1er sacre olympique permet également au plus grand pays d’Amérique Latine de compléter son fabuleux palmarès en y inscrivant la seule ligne majeure qui lui faisait encore défaut.
Source Photo à la Une: Eurosport.fr