Le suspens aura été le maître-mot de cette folle soirée de Ligue des Champions. D’abord très impressionnant, le Real Madrid a vu l’Atlético rentrer peu à peu dans la partie au point de dominer et d’égaliser en fin de rencontre. La suite du scénario est aussi dramatique, les crampes prennent place sur la scène, et le Real fait tomber l’Atlético à la force mentale, à l’expérience.
Cela aura été une petite finale quoi qu’on en dise sur le plan technique. Un rythme globalement faible, peu d’occasions et deux blocs bien compacts qui ne se mettent que très peu en difficulté. Ce manque de rythme, il est d’abord du à l’entame ratée de l’Atlético, qui a mis 30 minutes avant de mettre son jeu en place. Mais également la faute à un Real qui n’a pas voulu attaquer pour tuer le match, et qui s’est contenté de gérer un avantage acquis très tôt. Au final, le scénario aura été plus grand que la finale en elle même.
Le match: L’Atlético n’a pas su convertir ses actions
Les hommes de Simeone pourront s’en mordre les doigts. Comme en 2014, ils sont restés devant l’estrade pour voir les voisins madrilènes soulever la coupe aux grandes oreilles. Dans une finale globalement décevante sur le plan du contenu, on notera que le Real a tout d’abord très bien géré son match en prenant le jeu à son compte. Le trident Modric – Casemiro – Kroos alimente très bien les flèches Cristiano et Bale qui provoquent beaucoup. La sanction intervient rapidement. Sur un coup franc tiré par Kroos, Bale dévie pour Sergio Ramos qui crucifie Oblak à bout portant. Le héros de 2014 refait surface et plonge les hommes de Simeone dans des doutes profonds. Malgré une entame de match compliquée, où les valeurs qui ont fait le succès des colchoneros ne sont pas ressorties, l’Atlético refait surface peu à peu. Griezmann organise le jeu, et le Real recule. Cependant le manque de rythme, et le coup sur la tête freinent les ambitions offensives de l’Atlético. La mi-temps est sifflée, le Real mène au score, mais on reste globalement sur notre faim. Le rythme et les occasions ne sont pas au rendez-vous. Heureusement, ce n’est que partie remise

Les joueurs de cette finale de Ligue des Champions à la baguette. Photo: Getty Images
Tout juste revenus des vestiaires, les joueurs obtiennent un penalty. Torres se fait charger dans le dos par Pepe (qui défend très mal sur le coup), Griezmann prend le ballon, et comme Trezeguet en 2006, tire fort au centre, sur la barre. Le premier tournant de la partie est là. Loin de se décourager, les rouges et blancs se remettent à attaquer, par l’intermédiaire de Carrasco très remuant depuis son entrée à la mi-temps. Les occasions se succèdent devant la cage de Keylor Navas, mais rien n’y fait, le ballon ne franchit pas la ligne. A force de rater l’égalisation, l’Atlético s’expose aux contres, et Ronaldo, Bale et Benzema loupent chacun une occasion de doubler la mise. Zidane réalise ses trois changements très tôt, dont deux plus que discutable (Isco à la place de Kroos, Lucas Vazquez à la place de Benzema), des changements évitables qui vont déséquilibrer le bloc du Real. Gabi sert alors Juanfran qui trouve Carrasco au second poteau, 1-1, le virage colchoneros explose. L’ailier belge s’en va embrasser madame pour ce qui restera la célébration de l’année 2016. Rien ne semble pouvoir départager les meilleurs ennemis qui vont une nouvelle fois disputer la prolongation.
Durant les trente minutes supplémentaires, l’Atlético aura encore une fois les balles pour achever sa victime, en vain. La suite n’est qu’une succession d’arrêt de jeu, de crampes et de représentations de sportifs qui sont allés au-delà de leurs limites. Il faudra donc la plus cruelle des fins pour départager les deux équipes. Aux tirs au but, le Real se montrera plus fort, Ronaldo en profitera pour se signaler pour la première fois lors de cette finale en inscrivant le tir au but décisif, et c’est tout ce qui compte.
L’événement: Zidane réussi le doublé joueur-entraîneur
Lui n’a pas parcouru les 50 mètres qui le séparaient de Cristiano, il est simplement allé embrasser sa femme et ses deux derniers enfants pour célébrer un titre historique, et pourtant il vient de rentrer dans un cercle très fermé. Ils sont désormais sept à avoir réussi à remporter la plus prestigieuse des compétitions européennes en tant que joueur et entraîneur (Miguel Munoz, Giovanni Trapattoni, Johann Cruyff, Carlo Ancelotti, Frank Rijkaard, Pep Guardiola l’ont fait avant lui). Zinedine Zidane vient d’écrire une nouvelle page de son immense carrière. Si son coaching et son impact sur le jeu de son équipe doivent être remis en question, aujourd’hui son palmarès est plus conséquent que de nombreux entraîneurs. Le plus dur est à venir puisqu’il devra confirmer la saison prochaine, avec une saison qu’il commencera en tant que numéro 1.

Zidane et sa famille lors de la finale. Photo: Getty Images
Les notes de la rédaction d’Au Stade:
Real Madrid:
Navas (6) – Carvajal (5,5) – Sergio Ramos (7,5) – Pepe (5) – Marcelo (6,5) – Casemiro (6,5) – Modric (6) – Kroos (6,5) – Bale (7) – Cristiano Ronaldo (5,5) – Benzema (5,5)
Atlético Madrid:
Oblak (7,5) – Juanfran (6,5) – Godin (7) – Savic (5,5) – Filipe Luis (6) – Gabi (6,5) – Augusto (4,5) – Saul (6) – Koke (6) – Griezmann (6) – Torres (5,5)
Photo à la une: Getty Images